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PPL Enseignement supérieur : à la recherche du stage perdu

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Le 7 mars dernier la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, a annoncé sa volonté d’encadrer le statut du stagiaire. Une annonce que Génération Précaire, collectif mobilisé depuis 2005 et qui a rencontré la ministre, ne pouvait que saluer. Pourtant, le projet de loi d’orientation sur l’Enseignement Supérieur et la Recherche ne correspond pas aux ambitions affichées le 7 mars dernier. Génération-Précaire attendait un axe entier lié à l’insertion professionnelle, encadrant les stages et développant l’apprentissage, mais ce projet de loi propose seulement de doubler l’alternance dans le supérieur. Après l’absence de dispositions dans l’accord national interprofessionnel, et ce malgré les promesses des syndicats, du Medef et du Ministère du Travail, où sont les dispositions spécifiques pour les 1,5 millions de stagiaires ?

Les entreprises sont souvent les premières en ligne de mire sur la question de l’abus de stage, comme le cas de la Société Générale et ses 21 % de stagiaires la semaine passée. Cependant, il est souvent oublié que la “stagiophagie” est facilitée par l’absence de contrôle des organismes de formation privés et publics. L’autonomie des universités joue un rôle, ces dernières s’avérant souvent très heureuses de se débarrasser de la professionnalisation de leurs formations par le stage à outrance.

Comment procèdent-elles ?

  • en créant des formations qui ne débouchent que sur des stages à durée indéterminée et non sur des embauches (ex : Master métiers du livre à Limoges, gestion des catastrophes naturelles à Montpellier).
  • en entretenant la précarité étudiante par la création de DU “post diplôme” où les étudiants s’inscrivent uniquement pour obtenir une convention de stage obligatoire, comme c’est le cas à Nice, Sciences Po, ou encore Dauphine où il faut débourser pas moins de 1000 euros pour avoir le droit de travailler pour 436 euros par mois.
  • en développant des partenariats entreprises qui seraient “win/win” dixit Laurence Parisot, mais qui ne bénéficient en réalité qu’à l’entreprise et l’école, l’une bénéficiant d’une main d’oeuvre quasi gratuite, éternellement disponible et motivée, véritable armée de réserve au service de la diminution de la masse salariale, et l’autre se débarrassant de ses étudiants en leur faisant miroiter une expérience de rêve pour deux fois moins que le seuil minimum de pauvreté chez Darty ou à l’accueil de boutique Pimkie.

Génération Précaire soutient les initiatives de plusieurs députés et sénateurs sur cette question, comme Hervé Morin et Christophe Cavard lors du vote de la loi transposant l’accord national interprofessionnel. Cette fois ci, le socialiste Jean-Jacques Vlody reprend un grand nombre de nos propositions sur le droit commun des stagiaires (voirici) mais également certaines qui étaient jusqu’ici proposées par Geneviève Fioraso elle-même : obliger les organismes de formation publics au suivi de la qualité de l’accueil en entreprise, constituer une blacklist à destination des futurs stagiaires, lutter contre les inscriptions fantômes, obliger les entreprises d’accueil à donner leur ratio stagiaires / salariés.

Génération précaire appelle la Ministre de l’Enseignement Supérieur à faire de cette loi d’orientation un vrai support à l’insertion professionnelle des jeunes étudiants, en :
- soutenant et en développant l’alternance en apprentissage,
- en contrôlant les diplômes sans débouchés professionnels,
- en engageant la responsabilité des dirigeants d’universités et d’écoles en cas d’absence de suivi des stages des étudiants,
- en contrôlant le bassin d’emploi et la possible saturation des filières de formation issues du privé ;
- en recensant les organismes privés et publics habilités à délivrer des conventions de stage.

Sans cet encadrement, le gouvernement ne saurait lutter contre le chômage des jeunes, qui dépasse dorénavant les 26 % (source : DARES/Ministère du Travail).

Alors cap ou pas cap ?

En attendant, vous pouvez toujours nous suivre sur Twitter

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