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Présentation par le Stapro du projet de décret sur les stages hors cursus Ou comment rédiger en oubliant d’inviter les partenaires sociaux un décret passoire ![]() Ce lundi matin au Ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche, les acteurs et invités du Stapro, le comité de surveillance des stages, étaient tous très impatients de voir ce projet de décret.
Promis depuis plusieurs années, puis voté dans la loi du 24 novembre 2009, ce décret devrait permettre d’enrayer les stages hors cursus, ou plutôt post formations.
Ces stages sont une véritable concurrence déloyale :
Entre un jeune en licence III qui n’a jamais bossé ou fait de stage, qui veut faire un stage de deux mois ou 4 à des dates fixées par son organisme de formation, et un jeune diplômé, qui a deux ans d’expérience en stage, et est libre du 1er septembre au 30 aout de l’année d’après, vous êtes une entreprise pas très vertueuse, vous choisissez qui ? N’est-ce pas... Donc, les offres de stages qui cherchent des jeunes diplômés ayant déjà au moins deux ans d’expérience fleurissent depuis la crise, et malheureusement il y a des jeunes qui ne supportent pas l’inactivité et ont la chance d’avoir des parents qui vont soutenir financièrement votre recherche activité, et alors qu’ils sont censés chercher un vrai travail, ces jeunes qui ont les moyens de travailler gratuitement vont accepter de s’inscrire fictivement à l’université, ou dans une école. Mais quid des autres ? de ceux qui ne peuvent pas faire un stage, encore un, même si les entreprises vous appellent pour vous en proposer, vous serinent que "si vous étiez motivé vous accepteriez" ou malgré les pouvoirs publics qui disent qu"un stage, c’est toujours mieux que rien ?" Qu’il s’agisse d’un cursus en polonais, ourdou, d’une année de droit ou de ces "diplômes d’expérience professionnelle", les universités ferment très gentiment les yeux sur les inscriptions fictives de ces jeunes en mal d’activité, qui vont en travaillant pour 417 euros contribuer à détruire l’emploi des jeunes diplômés : en effet les entreprises ont pris l’habitude de proposer aux jeunes des stages après leur cursus, proposant même la liste des universités ou écoles peu regardantes sur la réalité de l’inscription, et qui acceptent contre chèque de donner la convention de stage ! En faisant cela, ils donnent l’habitude aux entreprises de ne plus embaucher de jeunes diplomés, et de ne prendre en stage que des gens ayant déjà une première expérience. Formés quoi, ce qui à la base était le but du stage... Sans oublier ces boîtes à fric privées qui surfent sur le détresse des jeunes et proposent des conventions de stage bidon, qui n’apportent ni formation, ni protection : Stage One est l’exemple parfait et agit actuellement, en toute impunité. Ces écoles et entreprises devaient être bloquées par le décret, hors ce dernier est une passoire : il est permissif à l’extrême, vague et imprécis, concerne les formations diplômantes et non diplômantes (!), bref, mis à part l’UNI et le MEDEF, qui ont félicité les rédacteurs pour leur démarche "non contraignante" et on appelé les autres partenaires à cesser de vouloir absolument légiférer sur la question des stages, et le rédacteur du décret qui a trouvé que les gens avaient du toupet de critiquer son manque total d’inspiration, personne n’a semblé trouver le décret à son goût : l’Unef, la CGT, la CFDT, FO, la CPU (conférence des Présidents d’Université), l’Asmi (Association des Stagiaires du Ministère de l’Intérieur) et même la CGE (Conférence des Grandes Ecoles) ont trouvé le décret trop permissif et rappelé que ce décret devait bloquer les inscriptions fictives et les dérapages actuels visant à favoriser le stage chez les jeunes diplômés ! Génération Précaire s’est bien sur prononcé pour une totale refonte du décret auquel le collectif avait demandé, sans succès à être associé. Car si notre expertise a été reconnue par de nombreux interlocuteurs ces derniers mois durant la soit disant rédaction du décret (on doute qu’elle les aient occupés plus de dix minutes, vu la pertinence du contenu), visiblement les informations et suggestions que nous avions faites ne sont jamais parvenues aux oreilles des conseillers de Valérie Pécresse... A moins qu’elles ne soient trop contraignantes, pour les entreprises et écoles, en voulant favoriser l’emploi et l’insertion professionnelle ? Nous attendons donc avec impatience un retour sur une éventuelle rédaction commune de ce décret, ou du moins une rédaction qui tiendrait compte des remarques et suggestions de partenaires qui semblent maîtriser leur terrain et leur expertise, contrairement aux énarques du Ministère de l’Enseignement Supérieur... |
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