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Alerte / le Sénat discute de la suppression des indemnités de stage
Alerte : le Parlement réflechit à supprimer les indemnités pour les stagiaires, contactez votre sénateur/député !


Alerte : le Parlement réflechit à supprimer les indemnités pour les stagiaires, contactez votre sénateur/député !

Besoin de vous et que vous écriviez à vos parlementaires ! Brouillon de lettre à adapter plus bas pour les pressés... :)

Vous le savez, les stagiaires sont à peine indemnisés, à hauteur de 417 euros par mois pour les stages de plus de deux mois, et encore a-t-il fallut longtemps militer pour obtenir pour les 1,2 millions de stagiaires par an une gratification qui reste inférieure au RMI ou au seuil de pauvreté (valeur-travail bonjour !).

Mais c’est apparement encore trop pour les organismes du secteur "travail social", qui par son lobby risque de créer une brèche dans ce dispositif : une proposition de loi du groupe Nouveau Centre est en cours d’examen au Sénat puis à l’Assemblée pour exempter ce secteur de payer les stagiaires... Génération-Précaire soutient les étudiants en carrière sociale qui peinent à trouver des stages, mais la réponse passe par des déblocages de fonds de l’Etat, pas par une exemption d’un secteur qui se dit en crise (cf la position de Génération-Précaire http://www.generation-precaire.org/spip.php?article285)

D’ailleurs, quel secteur n’est pas en crise ? Après les organismes sanitaires et sociaux, demain l’automobile ou l’agroalimentaire voire les banques sauront réclamer de telles exemptions pour leurs trop nombreux stagiaires (cf Génération-Précaire remet le prix du cynisme à la BNP, celui de l’exploitation à Danone http://www.generation-precaire.org/spip.php?article438).

Surtout, c’est vers plus de rémunération et d’encadrement qu’il faut aller, conformément à toutes les préconisations en matière d’insertion professionnelle ou d’accès à l’autonomie des jeunes actifs. Avec cette proposition de loi, on en revient finalement au raisonnement selon lequel la jeunesse est un poids et donc il faut dédommager les entreprises pour qu’elles leur fassent une place, avec des conditions adaptées (période d’essai de deux ans type CPE) ou absence de rémunération... Mais si on habitue les entreprises (et associations) à ne pas payer les étudiants, pourquoi paieraient-ils les diplômés ? Dans cette optique, Génération-Précaire propose d’ailleurs un meilleur encadrement des stages ainsi qu’un rapprochement avec le statut de l’apprentissage, à la fois plus protecteur (contrat de travail et protection sociale), plus pédagogique et plus performant en matière d’insertion professionnelle.

C’est pourquoi nous vous proposons un brouillon de lettre à adapter et à envoyer à vos parlementaires (députés c’est ici par nom http://www.assemblee-nationale.fr/11/tribun/comm3.asp ou par circonscription http://www.assemblee-nationale.fr/11/qui/circonscriptions/ et sénateurs c’est ici par nom http://www.senat.fr/listes/senatl.html ou par région http://www.senat.fr/listes/france.html). Bon et vous pouvez aussi les poker sous Facebook, mais sans garantie :)

N’hésitez pas à faire tourner !

A vous de jouer !

Merci d’avance

L’équipe de Génération-Précaire


Madame, Monsieur,

Je vous contacte au nom de Génération Précaire , le collectif en faveur de la réforme des stages.

Ce collectif s’est créé en 2005 afin de lutter contre l’augmentation du nombre de stages qui précarisait le plus grand nombre et ne laissait pas de place à l’égalité des chances. Nous avons remporté quelques premières batailles et par la loi du 24 novembre 2009 obtenu une gratification pour les stages de plus de deux mois.

Cette avancée qui bénéficie à plus d’1,2 millions de stagiaires par an, est sur le point d’être mise à mal par la proposition de loi (http://www.senat.fr/dossierleg/ppl0...) en cours d’examen au Parlement, qui vise à faire sortir du régime général tout un secteur de formation de l’obligation de gratification pour « faciliter l’accès aux stages ».

La démarche du groupe Nouveau Centre au Sénat auteur de cette proposition de loi est erronée : on en revient finalement au raisonnement selon lequel la jeunesse est un poids et donc il faut dédommager les entreprises pour qu’elles leur fassent une place, avec des conditions adaptées (période d’essai de deux ans type CPE) ou absence de rémunération...

- Comment croire que l’on peut "faciliter l’accès aux stages" en supprimant la maigre indemnité que nous avions obtenue pour les étudiants ?

- Où est l’égalité d’accès quand à nouveau seuls les étudiants soutenus financièrement par leurs parents pourront se payer les études comportant un stage obligatoire ?

- Une fois l’exemption accordée à un secteur, pourquoi les autres ne la réclameraient-ils pas ? Tous les diplômes de fin d’études (et bientôt toutes les licences) comprennent des stages obligatoires. Après tout, le secteur automobile, ou les banques s’estiment en crise, et les banques sont friandes de stagiaires (cf Génération-Précaire remet le prix du cynisme à la BNP, celui de l’exploitation à Danone http://www.generation-precaire.org/...)

- Si on habitue les entreprises (et associations) à ne pas payer les étudiants, pourquoi paieraient-ils les diplômés ?

- Enfin, ne pas payer les jeunes actifs, et favoriser la multiplication des faux salariés vrais stagiaires (cf cette offre de stagiaire vendeur, ou stagiaire diplômé est-ce vraiment la seule manière de remédier aux taux catastrophiques d’activité et de chômage des moins de 30 ans, sans même parler d’assurer l’équilibre des régimes de retraites… ?

Cette proposition de loi Nouveau Centre va à l’encontre des précédents votes de ce groupe en faveur d’un meilleur encadrement des stages. Et surtout, il contredit les préconisations de la commission Hirsch ou du Sénat sur les politiques jeunesse : favoriser l’insertion professionnelle et l’autonomie de la jeunesse implique qu’on arrête de lui demander de se brader…

Au contraire, je soutiens les propositions de Génération-Précaire visant à mieux encadrer les stages pour leur redonner leur aspect pédagogique. En particulier, je serais heureux de soutenir une proposition de loi visant à rapprocher les stages de l’apprentissage. En effet ce dispositif – un vrai contrat de travail rémunéré et encadré – permet quant à lui une orientation efficace et offre de réelles perspectives d’insertion professionnelle.

Je reste à votre disposition pour tout complément d’information,

Très cordialement,

...



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