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Stages abusifs, le drame de trop ! Les abus de stages ont fait une nouvelle victime. A quand de vraies mesures ? Le collectif Génération Précaire a reçu le pire des témoignages de son histoire. Celui d’un père dénonçant les terribles conditions dans lesquelles son fils a effectué un stage, plongé dans un coma irréversible. Les faits remontent à 2005. Benjamin Danielou, étudiant à l’Ecole de Gestion et de Commerce de Bretagne de Saint-Malo (EGCB), est envoyé à Pattaya, en Thaïlande, pour se former à la comptabilité, bien que cette matière ne figure pas au programme de son cursus. Le suivi de l’établissement d’enseignement est quasi nul et celui-ci ne prend d’ailleurs pas la peine de vérifier la qualité de la structure censée accueillir le stagiaire. L’entreprise en question n’est en effet même pas immatriculée au registre thaïlandais... Selon son père, Benjamin travaille 70 heures par semaine, sans un jour de repos, sans la moindre rémunération, sans la moindre indemnité. Son maître de stage, un britannique, travaille seul à son domicile et sévit dans le milieu de la prostitution. Le séjour tourne bientôt au cauchemar pour l’étudiant. Victime d’une d’une agression par arme à feu dans la rue, malgrès une requête de rapatriement, son école lui demande de rester sur place. Une semaine plus tard, il victime d’un terrible accident de la circulation à quelques centaines de mètres de son lieu de stage, alors qu’il circulait en vélomoteur entre son domicile et le siège de l’entreprise. Il est finalement rapatrié en France dans un état critique. Depuis, malgré de nombreuses opérations crâniennes, il est plongé dans un coma irrémédiable. Son père, Maxime Danielou, attaque aujourd’hui l’EGCB pour mise en danger de la vie d’autrui par manquement à une obligation de prudence ou de sécurité, ainsi que défaut de déclaration d’accident du travail auprès de la CPAM à la suite des faits. Une procédure visant à faire reconnaître cet accident est en cours auprès de la CPAM d’Ille et Vilaine. M. Danielou souhaite par ailleurs qu’un statut pour tous les stagiaires voie enfin le jour.
Les témoignages amers de stagiaires envoyés à l’étranger sont légion. Combien ont passé plusieurs mois dans des conditions déplorables, proches parfois de l’esclavage, victimes d’accidents ou de maladie, en dehors de toute protection sociale...et le tout à leurs frais ? Génération Précaire ne compte plus les bouteilles à la mer recueillies sur ses forums, et a d’ailleurs publié certains de ces témoignages dans le recueil "Sois Stage et tais-toi". Au-delà de ce "cas d’école", le collectif constate que c’est toute la question de l’encadrement du recours aux stages qui est inlassablement placée en << stand-by >> par les responsables politiques. Ces derniers, non contents de traîner la patte face aux revendications légitimes des stagiaires (rémunération, suivi des stages, protection sociale, pénalisation des abus), espèrent toujours dans leur naïveté - ou plutôt devrions-nous dire leur irresponsabilité ? - qu’une << Charte des bonnes pratiques >> suffira à enrayer la terrible machine des stages. Une machine qui s’est emballée depuis plusieurs années déjà, laissant sur le carreau une pléthorique armée de réserve de jeunes travailleurs. Le drame de Benjamin Danielou, c’est le drame de trop. ---
Ces propositions, Génération-Précaire les a formulées à tous les interlocuteurs : syndicats, présidents d’université, députés et sénateurs, cabinets et ministres du Travail, de la Fonction publique ou de l’Enseignement supérieur. Elles ne sont ni de droite ni de gauche, mais relèvent du bon sens.
Alors qu’attendons-nous ? |
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