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Vos questions, nos réponses La condition des stagiaires en entreprise, le CPE etc.Forum du nouvelobs du 07/04/2006 avec Sylvestre Vassili, (membre du collectif "Génération précaire", co-auteur de "Sois stage et tais-toi" (La Découverte, avril 2006)) question de : steveosteen Question : Voilà, il y a une loi proclamant le CPE. Cette loi est passée devant le conseil constitutionnel qui n’a rien trouvé à redire. Pourtant celui-ci est composé de sages, et le soir même le Président de la République à modifier très nettement la proposition de loi. Qui sont les Sages en France et qu’on t-ils fait pour qu’on mérite d’en arriver là ? Réponse : Bonjour à toutes et à tous, Je vais essayer de répondre à toutes vos questions et je vous remercie pour l’intérêt que vous portez à ce débat. Voilà une question épineuse sur le rôle du conseil constitutionnel. Est-ce véritablement la faute du conseil constitutionnel ? Je ne le pense pas. Il est trop facile de lui faire porter la responsabilité d’un texte qui divisait même les spécialistes du droit constitutionnel. Le conseil constitutionnel a des directives claires qui sont de juger de la conformité constitutionnelle d’un texte. Il y a le droit et son interprétation. Certes, il y eu beaucoup d’attentes et de déceptions, mais le conseil constitutionnel a joué son rôle. Le problème c’est que l’avis du conseil constitutionnel ne tient pas compte de tous les traités internationaux qui ont été signés, mais juste de la constitution française et de sa jurisprudence. question de : hervé Question : Une partie du problème de la précarité à la fin des études ne viendrait pas du fait que les élèves se ruent sur des filières très "glamours" (pub, communication, sport, bio...) qui ont des marchés de l’emploi restreint plutôt que d’aller dans des filières qui recrutent mais moins à la mode (sciences et techniques, métiers manuels...). La loi de l’offre et de la demande du marché de l’emploi en somme.... Réponse : C’est aussi ce que nous nous sommes posés comme question au départ. Il est vrai qu’il y a des filières plus sinistrées que d’autres : le social, la communication, la publicité, la culture, etc. Mais en réalité, mais si dans ces filières les difficultés sont plus visibles, nous nous rendons compte que ces difficultés touchent maintenant la majorité des secteurs (cabinets d’avocat, banques, etc.) et tous les types de formation. Les membres du collectif Génération Précaire ont des profils différents, certains viennent de l’université (sciences et littéraire), d’autres ont des diplômes procurés par de grandes écoles (HEC, IEP, etc.). Le problème vient plutôt que les employeurs ont peur de recruter des jeunes. Ils leur demandent d’être opérationnels dès le premier jour, ce qui est complètement aberrant. Même un employé ou un cadre qui change de fonction et d’environnement de travail a besoin de quelques mois pour s’adapter et devenir pleinement opérationnel. question de : DetLef Question : On a la vague impression à entendre les anti-CPE, qu’au fond, "précaire" signifie "non-fonctionnaire"... N’y a-t-il pas la un sérieux problème de mentalité dans cette société ou un quart de la population active est fonctionnarisée ? Réponse : Il y a bien sur les pro et les anti CPE. Cependant au-delà des arguments des uns et des autres il y a un problème de fonds. Trois mouvements de jeunes ont pris forme depuis septembre 2005. Il y eut tout d’abord la révolte des stagiaires en octobre-novembre qui, au sein de notre collectif, dénonçait les failles du système des stages et les nombreux abus qui y étaient liés. Ces étudiants et ces diplômés se voyaient proposer sans cesse des stages pour occuper de véritables emplois quelque soit leur diplôme, leur formation et leur expérience. Il y eut ensuite la révolte dans les quartiers urbains sensibles et en difficultés, qui s’est sublimé avec d’une part la naissance de collectifs, tel que les racailles de France, et le mouvement pour aller s’inscrire sur les listes électorales. Enfin, il y a eu le mouvement anti-CPE animés par les étudiants de l’enseignement secondaire. Le problème de fonds est celui de la place précaire laissée aux jeunes dans la société. La société fait payer aux jeunes le poids de la faible croissance de ces dernières années. Le CPE revient à dire aux jeunes "vous êtes dans une situation catastrophique, mais c’est uniquement à vous de faire un nouvel effort." Les jeunes ont des projets d’avenir, contrairement à ce qu’on entend dire, mais une épée de Damoclès pèse sur leur futur (emplois précaires, dette publique, etc.) question de : Gabriel Question : La société dans laquelle je travaille accueille des stagiaires et les rémunère plutôt bien (en fonction du niveau d’étude de 30% du SMIC à plus de 100%). Ayant en charge la gestion, je me heurte non pas à une absence de volonté de l’entreprise mais à celle des managers : "je n’ai pas le temps, 5 semaines c’est trop court, il n’a pas d’expérience, si je le confie à un technicien cela l’encombrera, etc."...Arguments qui témoignent plus de l’absence de prise de responsabilités et facilement réfutables. Quelles actions préconisez-vous pour changer cet état d’esprit des Hommes et des femmes susceptibles de prendre en charge des stagiaires (et je parle bien des individus et non du système). Quelles actions menez-vous auprès de vos partenaires parents d’élèves qui sont aussi des citoyens et souvent des salariés pour qu’ils fassent un effort d’accueil de stagiaires, des enfants des autres et de leurs enfants sans doute plus tard ? je vous en remercie. Réponse : Si les responsables ne veulent pas assumer la part de formation du stage, je ne vois pas l’intérêt du stage. La finalité première du stage est pédagogique. Le stage n’a pas pour vocation de palier à un manque de main d’oeuvre. Ce n’est pas une variable d’ajustements. Les parents sont très concernés par la question. Car au final, le stagiaire, sans droits, sans rémunérations, reste dépendant de sa famille. Quand aux salariés, ils se retrouvent parfois en concurrence avec cette main d’oeuvre bon marché. Il y a certes les mentalités à changer, mais surtout un système. question de : bjoli Question : Je suis âgé de 58 ans donc de la génération 68...il n y avait pas de CPE même pas de CDD !!! embauché en CDI j ai été débarqué sans explications après 12 mois (mon poste était convoité et mon responsable préférait changer de stagiaire chaque année...) embauché en CDI par une sa allemande, celle ci me vira au bout d’un en décidant d’arrêter son exploitation en France (elle trouvait les lois sociales insupportables groupe ASKO AG ) Enfin je fus embauché par une société d’assurances qui au bout de 15 mois me fit démissionner par ce que je n’étais pas d’accord pour déménager...alors le CPE ....qu’imagine-t-on ? qu’avec un CDI on est planqué à vie comme ces fonctionnaires qui nous écoeurent par leurs privilégiés et paralysent LA FRANCE A chaque instant ??? j ai rencontré Krivine et Geismar dans ma jeunesse ce ne sont pas des bons souvenirs ! Aujourd’hui j enseigne à des BTS (en plus de mon travail) ils sont 27 je propose deux CDI intéressants ! j en parle au prof principal > aucune réponse sinon une fille qui me dit préférer être "fonctionnaire" Réponse : Quelle est la question ? Je pense qu’il est faux de dire que tous les jeunes veulent devenir fonctionnaire. Il s’agit d’une image répandue mais qui révèle bien l’incompréhension qui existe aujourd’hui entre les générations. C’est là je pense où il existe un manque de communication entre générations, du fait que les jeunes sont sous-représentés dans les entreprises, les médias et les pouvoirs publics. Je n’ai rien contre les fonctionnaires. question de : noir Question : Pourquoi avoir choisi le CPE ? Réponse : Le principal argument des pro CPE c’est que ce contrat permettra de tester le jeune employé et, surtout, qu’il procurera une garantie pour l’employeur au vu des risques conjoncturels, d’un possible rétrécissement soudain du marché ou de la perte d’un client. En réalité, le CPE n’apporte rien de nouveau. Les stages, les CDD, et tous les autres contrats jeunes remplissaient déjà ces fonctions. Un autre argument était de dire qu’il viendrait remplacer les stages abusifs. En réalité, rien n’empêche l’employeur de continuer à utiliser des stagiaires plutôt que d’embaucher en CPE. La seule chose qui risque de se passer c’est que l’employeur proposera un CPE plutôt qu’un CDI à un jeune de moins de 26 ans. Et dira à celui de plus de 26 ans qu’il ne recrute que des CPE. En fait, nous sommes dans un système qui favorise les employeurs qui font appels à des contrats atypiques et à l’utilisation de stagiaires plutôt que les entreprises qui recrutent en CDI. question de : Le gascon Question : Bonjour, J’aimerai juste poser une question toute innocente. Le fait que les entreprises consomment des stagiaires à volonté et sans les payer n’est il pas un argument de plus pour montrer que le CPE est un véritable marché de dupe... étant donné que les patrons se comportent abusivement vis à vis des stagiaires, ils n’auront aucun scrupule à mépriser un CPE qu’il soit conçu par Villepin ou prochainement amendé par l’UMP ? Le Canard enchaîné parle enfin de vous avec complaisance comme de vrais enragés... n’êtes vous pas les justiciers masqués du paysage social français à la fois proche des irrévérences de Scapin (Molière) et de la candeur des grands éthiciens actuels... Réponse : Il y a un véritable problème. Rien n’empêche aujourd’hui une entreprise d’avoir cinq salariés et 50 stagiaires. Evidemment la concurrence est faussée pour l’entreprise qui aurait 55 salariés normaux. Plutôt que de créer un nouveau contrat réservé uniquement aux jeunes, il aurait été référable de réguler efficacement le système des stages. Plus de 100 000 emplois sont aujourd’hui déguisés en stage. Nous avons eu une approche nouvelle pour nous faire entendre. Il s’agit d’un acte militant et démocratique. La démocratie est renforcée par un certain nombre de garantie : la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté d’association, etc. question de : Internaute Question : Si il pouvait être prouvé que le CPE réduirait conséquemment le chômage, serions nous tous d’accord (et donc vous !) pour accepter une telle mesure ? Réponse : Pourquoi demander uniquement aux jeunes de faire un effort pour relever l’économie du pays. Où est la solidarité intergénérationnelle ? Où est l’égalité républicaine ? Il y a la fin et les moyens. Pour parvenir à la fin (la diminution du chômage et, surtout, de la précarité des jeunes, il existe d’autres moyens. question de : Alcetse Question : J’ai 23 ans et j’entre dans la vie active et je dois dire que je suis profondément écoeuré et revolté par le spectacle de ma génération. Qu’est-ce que c’est que ce ramassis de geignards totalitaires aspirant tous être fonctionnaires ?! Ils sont les "dignes" héritiers de leurs prédecesseurs 68ards, paresseux, pédants et spoliateurs de carrières. Et je vous le dis : demain, ça va pêter ! Et vivement que ça arrive, un grand nettoyage ! Réponse : Il ne s’agit pas de critiquer les fonctionnaires ou de revendiquer un statut de fonctionnaire pour tous les jeunes. Il y a une crise de fonds. Les jeunes se révoltent car ils en ont raz-le-bol de devoir payer pour les autres. Ils ont beaucoup d’envie, dont celle de travailler. Mais ils ne trouvent pas de travail, juste des stages ou des contrats atypiques à temps partiels imposés, etc. Je pense que les jeunes souhaitent juste avoir un travail décent et respectueux de leur dignité afin de pouvoir s’installer dans le pays dans lequel ils désirent inscrire leur avenir. question de : Internaute Question : Avez vous des contacts avec le PS et quelle est sa position envers votre lutte et vos propositions ; pensez vous que son retour eventuel au pouvoir en 2007 changera quelque chose ? Merci et bravo pour votre combat. Réponse : Le collectif Génération Précaire est un collectif spontané, non-partisan et indépendant, qui traite de sujets politiques. Nous ne faisons pas que dénoncer une situation, nous avons aussi des solutions à proposer. Dans le cadre de nos actions, nous avons établi des contacts avec tous les syndicats salariés et patronaux, tous les représentants de partis politiques, l’inspection du travail, les ministères de l’Education National, le ministre délégué à l’Emploi et le Premier ministre. Nous avons également rencontrés des membres du PS. Dans tous les partis, y compris à l’UMP, il y a des personnes qui soutiennent nos propositions. Dans differents partis, de nouveaux projets de loi sont en cours. Nous aimerions bien que la question des stages abusifs soient réglés avant 2007. question de : rolo Question : Les contrats de travail. Des idées simples pour esprits tortueux. Il n’existe que deux situations d’embauche. Le contrat de travail et le contrat de travail avec formation. Le contrat de travail a un rythme et une durée. Le rythme est le nombre d’heures passées à travailler par jour, semaine, mois, trimestre, année. La durée du contrat est le temps que l’on passe à travailler ensemble. Enfermons des négociateurs dont c’est le métier dans une salle confortable et demandons leur de faire SIMPLE, chacun comprenant que plus le rythme est élevé, plus la paie est importante, et plus la durée est longue, plus les droits acquis par le salariés sont importants. Débarrassons-nous des CDD et CDI, car un CDI n’est jamais qu’un CDD qui dure et réfléchissons au licenciement, chacun comprenant que plus l’entreprise licencie par confort plus elle paie. Chacun comprenant également que si l’entreprise est défaillante, l’état prend le relais et établit des PRIORITES POLITIQUES. Le contrat de travail avec formation a fait ses preuves. Quel que soit le lieu extérieur de formation, chacun comprendra que plus la formation est importante, moins on gagne, mais on acquiert de l’expérience. Chacun comprendra qu’un stage à temps plein ne peut exister car il faut choisir entre contrat de travail ou contrat de travail avec formation. Si nos énarques et leurs calculettes distribuaient les masses financières sur des principes simples, tout le monde serait content. (C’est pour cela que cette situation n’a aucune chance de se présenter)Enfin il n’existe que deux types d’employeurs, l’Etat et les employeurs privés. Chacun comprendra qu’il faut aider les entreprises (recettes) et contrôler l’Etat (dépenses). Chacun comprendra que si l’Etat crée des contrats de travail public, c’est pour améliorer la qualité de ses fonctionnaires, par conséquent, l’Etat ne peut choisir que deux types de contrats, le contrat de travail ou le contrat de travail avec formation. En guise d’exercice, passons au crible du bon sens les propositions de nos spécialistes. On constatera que lorsque l’oreille droite les pique, ils prennent un malin plaisir à se la gratter avec la main gauche, voire indifféremment avec le pied droit ou gauche. Réponse : Y a t il une question ? Le problème des stages existe partout, dans les grandes entreprises, dans les PME, dans les associations et même dans la fonction publique. Dans la fonction publique, les stagiaires ne sont pas rémunérés. Il faudrait mieux avoir un contrat de travail standard plutôt qu’un océan incompréhensible de contrats. question de : CRICROU Question : Les jeunes pour se construire ont besoin de solidité sous leurs pieds car ils sont très angoissés psychologiquement, pas encore adultes psychiquement ! Comment peut-on proposer une telle précarité quand ils doivent concevoir de fonder une famille ! Cette éventualité : celle d’ être parents ne se conçoit plus par certains ! Pas de travail , pas de famille créée ,pas d’enfant : nous aurons de vieux adolescents malades se traînant chez leurs plus vieux parents encore ! La retraite à partager en combien de tranches de pain ? car, ne nous leurrons pas. Le CPE, c’est que du vent mauvais qui soufflera sur nos gosses et pour longtemps s’il n’est pas jeté au panier ! Un patron avec une loi comme celle-là est protégé même d’une atteinte contre les bonnes moeurs : il pourra attenter discrètement au droit de cuissage et recommencer avec un nouveau CPE...au suivant ! Le CPE C’EST LE NOMADISME remis au goût du jour ...la dépression assurée et la récupération par les familles de leurs vieux ados qui viendront refaire dodo à la maison ! Où a-t-on une avancée loi : avancer pour mieux sauter plus tard ! Ce n’est que de la préparation manipulatoire à un prochain electorat de droite et c’est lamentable de se servir des jeunes pour passer en force aux élections et continuer demain à faire une politique au service de la bourse et des patrons ! Cette loi n’ est pas digne pour assurer l’avenir elle n’est créée que pour continuer à cacher la misère de l’emploi et déséquilibrer ceux qui ont le plus besoin de durée et de respect dans le travail pour se reconstruire souvent une santé morale et finacière. Réponse : On dit souvent que plus il y aura de flexibilité, plus le chômage diminuera. On cite en exemple l’Angleterre et l’Espagne. Pour l’Espagne, il est vrai que le taux de chômage des moins de 25 ans par rapport à la population active a légèrement diminué passant d’environ 22% à 19%. Ce qu’on dit moins, c’est que cette flexibilité, si elle a permis cette légère diminution du chômage des jeunes,n’a pas mis un terme à la précarité des jeunes. Les jeunes espagnols alternent période de chomage et contrats à temps limités, à temps partiels imposés, ne correpondant à rien à leur formation et surtout sous payés. On les appelle d’ailleurs la génération des "mille-euristes" pour stigmatiser la rémunération qui est proposée à un jeune quelque soit son niveau d’étude, ses qualifications et son expérience. Le problème c’est que ces jeunes n’arrivent pas à devenir indépendants. Alors nombre de trentennaires sont obligés de rester dans le foyer de leurs parents ou de partager des petits espaces à plusieurs. Difficile pour construire sa vie et faire des projets d’avenir. question de : Internaute Question : Les gens que les manifs dérangent parce qu’ elles contestent quelque part leurs convictions et appartenances politiques, s’indignent en toute mauvaise foi, du faite que ce sont les étudiants et les lycéens qui s’opposent au CPE alors qu’ils ne travaillent pas encore.N’est-il pas urgent de fédérer, le mécontement et les colères de tous ceux qui travaillent déja, qui ont de l’expérience, des diplômes acquis souvent dans des domaines dits porteurs, et qui sont surexploités, par des politiques ciniques d’entreprises où l’individu n’est plus qu’une variable d’ajustement au même titre que les matières premières ? Réponse : Certains agitent le fait qu’en France il est devenu impossible de faire passer des réformes. Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse de ça et que les jeunes soient opposés aux réformes. Il y a assurément besoin de réforme. Des réformes oui mais pas celle-là, pas cette loi sur une pseudo égalité des chances : qui fait porter encore le poids des difficultés économiques sur les jeunes, qui introduit un contrat atypique et disciminant, qui fait passer l’âge de l’apprentissage à 14 ans, et qui fait porter tout le poids de la régulation des stages abusifs sur les universités. Les universités n’ont pas les moyens matériels et financiers de gérer les stages. Et elles ne peuvent en aucun cas empêcher un post-diplomé de se réinscrire dans l’unique but d’avoir des conventions de stage. Le stagiaire est au début à 50% étudiant et à 50 % travailleur. A ce titre, l’employeur (entreprise, association ou Etat) à également une responsabilité indéniable. L’apprentissage est défini dans le code du travail, pourquoi pas le stage ? En plus, si le stagiaire est à 50 % travailleur, il devrait obligatoirement avoir droit, au minimum, à 50% du salaire normal. Et plus la part d’apprentissage diminuerait et plus le stagiaire effectuerait un travail normal, plus son salaire devrait augmenter jusqu’à devenir au bout d’un certain moment un salaire normal assujeti aux cotisations. Enfin, il n’est pas normal que la durée des stages ne soit pas limitée. Dans de nombreux cas, le stagiaire occupe un vrai poste. C’est du dumping social. Evidemment tout le monde devrait se sentir concerner car les stages abusifs tirent l’ensemble du système vers le bas. question de : Internaute Question : Le temps n’est plus à refuser, il est à construire. Votre avenir sera ce que vous déciderez d’en faire. Ce ne sont pas les politiques qui sont l’avenir de la nation, c’est vous les jeunes. Ne vous laissez pas mener par des gens qui depuis plus de trente ans prennent les autres pour des c.. et s’engraissent honteusement.Il n’est jamais trop tard pour secouer le cocotier. La vie ne vaut que par ce que vous en ferez. Du courage de la dignité de la cohérence et surtout du respect. Courage les jeunes ! Réponse : La crise de fonds de la précarité de la jeunesse (stages, desoeuvrement dans les quartiers difficiles, contrats atypiques et discriminatoires réservés aux plus jeunes, etc.) est en train de révéler, si ce n’est un crise des institutions politiques, en tout cas une crise du système des partis politiques et de la vie politique. Comme le fait remarque le sociologue Louis Chauvel, la moyenne d’âge des députés augmente de 10 ans ...tous les 10 ans depuis 3 décennies. La France est un des rares pays où la classe politique ne se renouvelle pas. Elle a du mal à renouveler ses concepts de pensée pour trouver des solutions viables. Les jeunes n’ont pas à payer le prix de politiques de l’emploi inefficaces. Cet essor de la jeunesse est celui d’une prise de conscience et d’une prise de parole. Elle n’est pas qu’une opposition. Les jeunes, contrairement à ce qu’on dit, ont des rêves et des idées. Les jeunes se réveillent à la politique : inscription sur les listes éléctorales et participation active à la démocratie (cette participation est la preuve de la vitalité de notre démocratie afin d’éviter qu’elle ne devienne une tyrannie douce). question de : marla Question : Que proposeriez-vous à la place du CPE ? Réponse : Tout d’abord, de réguler efficacement le système des stages. 100 000 emplois pourraient etre ainsi créé. Dans notre livre qui sort le 13 avril, nous montrons bien les conséquences des stages abusifs : dévalorisation des diplomes et des formations, concurrence déloyale entre les entreprise, paupérisation de la jeunesse et baisse de la consommation, etc. Nous essayons aussi maintenant d’agir au niveau européen. un premier pas vers une europe sociale ? question de : Internaute Question : POurquoi rester masqués ? Peur réelle ou jolie opération de com ? Réponse : Tout d’abord par souci d’anonymat. Certains ont témoigné à visage découvert devant des caméras. Peu de temps après leur employeur les ont appelés pour les virer. En plus, quand tu livres un témoignage sur les stages que tu as fait, tu peux te griller auprès de toute un secteur. Les milieux sont parfois petits. D’ailleurs ce souci est poussé assez loin. Nous ne donnons jamais nos noms et nous abritons derrière des pseudos. D’ailleurs "vassili" n’est pas mon vrai nom. Ensuite, c’est devenu notre identité visuelle. Tout le monde nous reconnaît ainsi. D’ailleurs parfois ça nous pose des problèmes puique des personnes masquées essayent de se faire passer pour nous. Enfin, ce masque symbolise le fait qu’il s’agit du stagiaire et non d’untel ou untel. Il n’y a pas de président ou de porte parole dans notre mouvement. Les gens actifs participent et se relaient. Le stagiaire est un fantôme du droit du travail : pas de droit, pas de rémunération obligatoire, etc. question de : Internaute Question : Que penses-tu de la reflexion de Jean-Louis Borloo à l’Assemblée nationale : "Que préférez vous pour vos enfants, un CPE ou un stage" ? Réponse : Le CPE ne remplacera pas les stages. Rien ne vient véritablement réguler le système des stages et rien ne viendra empêcher un employeur d’utiliser un stagiaire plutôt que de recruter en CPE. Au moins, il reconnaît de cette facon qu’il existe un probleme avec les stages. La question est alors : pourquoi ne fait-il rien pour changer la situation des stages ? C’est pernicieux en plus comme argumentation. Le stagiaire préfèrera un CPE à un stage. Mais ce n’est pas la même chose du tout. En revanche si on me donne le choix entre un CPE et un CDD ou CDI, je prendrai le CDD (car il y a les primes en plus) ou le CDI. Aujourd’hui le problême est que l’Etat encourage les employeurs à faire appel à des contrats atypiques plutôt qu’à des contrats standards normaux. question de : jessica Question : Bonjour, est-ce que vous considérez que votre combat et celui des anti-CPE est le même ? Réponse : Il n’est pas exactement le même. Mais nos actions se completent. Nous participons tous à un même but : mettre un terme à la précarisation de la jeunesse et faire en sorte que les jeunes s’integrent mieux au sein de la societe. Génération Précaire s’est aussi prononcer contre le CPE, même si son originalité reste sa lutte contre les stages abusifs. question de : Internaute Question : A quel niveau évaluez-vous une indemnisation "décente" ? Peut-elle être la même pour tous les stagiaires ? Il a aussi des stagiaires jeunes, pas ou peu qualifiés, qui ne pourront pas être indemnisés la même chose qu’un personne dont le stage s’inscrit dans une formation... Réponse : J’ai dejà plus ou moins repondu à cette question. Au début un stagiaire est à 50% étudiant et à 50% travailleur (du moins quand il ne s’agit pas de son 3e stage : rien aujourd’hui ne vient limiter le nombre et la durée des stages). A ce titre, il devrait recevoir, au minimum 50% d’un salaire normal pour la fonction qu’il exerce. Au fil du temps, moins il apprend et plus il travaille, donc plus sa rémunération devrait augmenter. Le probleme c’est que les stages n’étant pas obligatoirement rémunérés, les stages sont de fait réservés à ceux qui peuvent assumer la charge des couts inérant aux stages. Nous avons plusieurs exemples de personnes qui ont même du s’endetter pour pouvoir effectuer leur stage. A mon sens le stage devrait obligatoirement s’inscrire dans le cadre d’une formation. Le probleme apres c’est que les diplomés ou non diplomés ne se voient proposer que des stages et jamais d’emplois question de : Internaute Question : Bonjour, Stages et CPE, quel rapport ? Réponse : La précarité de la jeunesse. Le fait que les jeunes soient placés aux marges de la société et laissés aux portes du marché de l’emploi. Où est l’égalité des chances ? question de : simon Question : A combien de mains et en combien de temps avez vous ecrit le livre "sois stage et tais toi !" ? Quel est le but de cet ouvrage ? Réponse : Nous avons écrit cet ouvrage à plusieurs en un temps record. Il s’agit en fait d’un recueil de témoignages. Nous avons reçu plusieurs milliers de témoignages sur notre site Internet. C’était la première fois pour beaucoup qu’ils pouvaient parler de leur expérience. Le site est devenu un véritable exutoire. 14.000 personnes ont d’ailleurs signé la pétition que nous avions en ligne sur notre site Internet www.generation-precaire.org. Nous avons voulu rendre compte de la réalité des stages et du vécu des stagiaires. Ces témoignages représentatifs ont été classés et analysés grâce à des recoupements convergents d’indices, des preuves, et les rares chiffres ou estimations officielles qui existaient sur le sujet. Il s’agit évidement d’un livre militant, mais il est un très bon exemple de ce que vivent et subissent les jeunes étudiants et diplomés au quotidien. Il lève beaucoup de tabous et de préjugés. J’espère qu’il permetra de mieux rendre compte de la situation des jeunes en France, et à l’étranger. Il participera peu ainsi à réinstaurer un dialogue entre générations. question de : lolita Question : Je vous ai vu dans "A vous de juger !" il y a quelques semaines...qui était ce stagiaire masqué ? Il était pour le CPE mais ce n’est pas votre cas, j’ai cru comprendre ? Réponse : Ce fut un scandale. Plusieurs membres de Génération Précaire avaient été invités sur le plateau. Ils ont été annulés au dernier moment et remplacés par un prétendu stagiaire, lui aussi masqué. Quand il a témoigné, des images de notre collectif défilaient sur les écrans. L’assimilation était évidente. Nous avons fait pression pour avoir un dementi en direct, ce que nous avons fini par obtenir une heure plus tard. Mais le mal était fait. Nous envisageons de porter l’affaire devant le CSA. En tout cas, bravo la télévision publique !!! Nous sommes contre le CPE. Je vous remercie tous pour ce débat qui prend fin. Vous avez été très nombreux à écrire et je n’ai pas pu répondre à toutes vos questions. J’en suis désolé. Mais vous pouvez aussi continuer le débat entre vous sur le forum de notre site Internet www.generation-precaire.org. Alors, à bientôt peut-être ! Sylvestre |
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