Nouvelle idée tout droit sortie du brainstorming déglingué de Jean-François Copé : un remaniement du Service Civique. Encore plus précaire, qui demande encore plus d’être assisté. Jean-François Copé propose un remaniement du Service Civique Volontaire. A tous les nostalgiques du service militaire qui pleurent que la jeunesse est sans rigueur et ne connait plus aucune discipline, il propose de :
1. Transformer le Service Civique (volontaire) en un Service Obligatoire. 2. Verser une modique somme de 350€/mois pendant 4 mois, soit 3 fois moins que le SMIC.
A droite, la mode semble être la restauration du travail forcé. Après les travaux d’intérêt général de M. Wauquiez, Copé propose donc aux 25% de chômeurs chez les 18-25 ans de... travailler pour 1/3 du SMIC !
Alors que Génération-Précaire se bat pour réguler les stages et développer l’apprentissage, les idiots utiles de l’UMP proposent la généralisation des boulots mal payés... Qu’est exactement le Service Civique ? "Un engagement volontaire d’une durée continue de six à douze mois donnant lieu à une indemnisation prise en charge par l’Etat, ouvert aux personnes âgées de seize à vingt-cinq ans, en faveur de missions d’intérêt général reconnues prioritaires pour la Nation." (article 8 de la loi n° 2010-241 du 10 mars 2010 relative au service civique).
Sous Jacques Chirac, l’indemnisation était de 650 euros pour 35h d’investissement dans une association (sur une période de 6 à 9 mois) pour les 18-25 ans.
En 2010, sous Nicolas Sarkozy, Martin Hirsch le fait passer à 540€ pour 24h-35h sur 6 à 9 mois. On est donc déjà bien en dessous du SMIC horaire.
En revanche à la même époque, M. Copé cachetonnait à 20.000€ par mois pour un temps partiel (!) en louant son carnet d’adresse de député, président du groupe UMP à l’Assemblée, maire de Meaux et président de la communauté de Meaux (ouf !) à un des plus grands cabinet d’avocats parisiens, Gide Loyrette Nouel.
Un après après la nouvelle mouture du service civique, une étude TNS Sofrès commandée par l’Agence du Service Civique estime que 42% des jeunes étant au Service Civique sont à la recherche d’un emploi tout en leur permettant d’acquérir une expérience professionnelle. La priorité de la jeunesse est donc d’abord et avant tout de trouver un emploi qui permette de se loger et de vivre correctement. Mais pour l’UMP, qu’importent les 23% de pauvreté chez les jeunes filles de 18-25 ans, interdites de RSA et condamnées à la "mendicité familiale" ou à la mendicité tout court... L’urgence c’est de flatter les nostalgiques du service militaire... en bradant la jeunesse au passage.
Malgré toutes les promesses, malgré toutes les commissions et études, le constat est amer : les coupes budgétaires sur la jeunesse se multiplient et les soldes sur les jeunes se poursuivent. L’ambiance est à la restauration du travail forcé et non rémunéré, mais seulement pour la jeunesse, éternelle variable d’ajustement. M. Copé travaille certainement trop pour prendre la mesure du problème.
Dans un souci de justice, Génération Précaire propose donc amicalement à M. Copé d’abandonner quelques uns de ses mandats, et de vivre l’expérience enrichissante du Service Civique à 350€ pendant 4 mois et d’imposer les mesures suivantes :
Service civique pour tous les ministres obligatoire de 4 mois, avec plafonnement des aides octroyées par leurs familles pour les aider financièrement, [et lutter contre le cancer de l’assistanat]
Aucune prise en charge par le contribuable de leur logement, leur électricité, leur téléphone, leur connexion Internet, leurs frais de restaurant.
Cela devrait inciter M. Copé et ses homologues à saisir ce qu’est le travail non rémunéré, ce qu’ils devraient apprécier, car ce qui compte, c’est de s’engager pour les autres et son pays, non ? Un engagement que le président de Génération France ne saurait renier…
Cela devrait peut-être le faire réfléchir et promouvoir les contrats de travail de droit commun pour tous et en particulier pour les 18-25 ans.
A noter : nos sympathiques précaires sont allés le jour de la présentation de M. Copé à son Think Tank lui poser la question suivante : votre projet n’a-t-il pas pour but de faire baisser artificiellement le chômage tout en accentuant la dépendance des jeunes à leurs parents en les faisant travailler pour deux fois moins que le seuil de pauvreté ? Réponse de M. Copé : cela n’a rien à voir...
Voir notre article sur Wauquiez et le cancer de l’assistanat