24 mars 2011
La génération Y face à l’emploi
Journaliste, rédactrice en chef du Mook, Anne Dhoquois est spécialisée dans les questions sociales et l’emploi. Elle signe chez Autrement « Premier emploi : quand les jeunes racontent » (15 euros), une passionnante plongée dans l’univers d’une génération que les DRH ont bien du mal à comprendre. Entretien…
C’est quoi d’abord la génération Y ?
Les sociologues américains l’ont d’abord définie comme celle qui succédait à une Génération X (née entre 1959 et 1973) qui a été très vite confrontée à la crise et n’a pas su s’imposer face à une toute puissante génération du baby boom. Au contraire, la génération Y est celle du questionnement (en anglais Y = why), de la remise en question.
Qu’est ce qui la caractérise dans son rapport à l’entreprise ?
L’envie de s’épanouir. Ils savent qu’ils ne passeront pas toute leur vie dans la même entreprise et veulent s’y épanouir. Ils veulent travailler mais pas à n’importe quel prix. Ils investissent beaucoup sur la qualité des rapports humains.
C’est tout le paradoxe d’un marché de l’emploi qu’on dit dévasté pour les jeunes et d’une génération qui n’accepte pas pour autant de faire ce qu’on lui dit ?
Je me souviens par exemple de ce jeune mécano qui me disait : « Mon patron m’a choisi mais moi aussi je l’ai choisi ». Ils savent qu’ils ont beaucoup à apprendre à leur hiérarchie, comme ils l’ont fait avec leurs parents, que ce soit sur le maniement des réseaux sociaux ou des logiciels. Ils ont confiance dans leurs capacités et sont prêts à partir faire un tour du monde s’ils sentent qu’ils ne s’épanouissent pas dans leur environnement de travail. C’est aussi pour cela qu’ils parlent souvent de créer leur propre entreprise ou association.
La fonction managériale ne s’en trouve-t-elle pas fortement bouleversée ? Oui, que dire à une génération qui dit avoir « besoin d’aimer et d’être aimé » par ses supérieurs ? Qui veut vivre une relation de quasi égalité avec eux ? Qui refuse en tout cas l’autorité pour l’autorité et veut que tout lui soit expliqué. Souvent, les PME se débrouillent mieux que les grandes entreprises car elles ont une grande culture de l’intégration. Et elles ont tout à y gagner car ces jeunes veulent prêts à s’investir énormément, sont autonomes et créatifs tout en sachant travailler en équipe.
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