http://www.marianne2.fr/Qui-veut-gagner-des-clopinettes_a192754.html
Louise Angelergues - Marianne | Mardi 11 Mai 2010 à 11:01
La petite lucarne voit grand pour les nouvelle générations. Avant, elle proposait des millions à ceux qui acceptaient de s’exhiber sous les yeux de ses caméras. Désormais, elle leur propose de gagner... des stages. La téléréalité n’a jamais si bien porté son nom.
Autrefois, la téléréalité nous vendait du rêve : de la Loana topless pataugeant dans une piscine de jardin ; des îles paradisiaques peuplées de filles légèrement nymphomanes, aimant à la fois l’adultère et le monoï ; des maisons relookées en trois minutes par la daltonienne Valérie Damidot ; des femmes à qui l’ont refait les dents pendant qu’on leur aspire le gras des fesses pour l’injecter dans leurs pommettes… du rêve quoi !
Désormais la téléréalité porte bien son nom et ne nous offre rien d’autre que… la réalité. TF6 diffuse dimanche le second épisode de son nouveau programme : « Mon stage de rêve ». Noter la contradiction entre les deux termes de l’énoncé. Dès la bande-annonce le ton est donné : « ils rêvent de devenir fleuriste, animateur radio, journaliste ou styliste (...) ils ont quatre jours pour convaincre. »
Ça change de « Ils sont douze, coincés sur une île au bout du monde, privés de tout, et vont devoir boire leur urine et tuer des poissons avec les dents pour survivre. » .
Pourtant c’est bien un voyage vers la jungle qu’on leur propose, mais une jungle moderne. Celle où l’emploi chez les jeunes se fait très rare et le stage à valeur pas très ajoutée, à peine moins.
Avant on allait à la télé pour gagner des millions.
Maintenant on y court pour une indemnité de stage.
Quelle sera la prochaine étape ? Une « Pôle-Emploi Academy »… ?